Présentation de Marie
J’ai grandi en Touraine, avec 7 frères et sœurs, dans une ambiance artistique (mon père surtout) et d’évolution personnelle (ma mère). Mon enfance fut plutôt libre, autonome, où
les initiatives créatives sont bienvenues et encouragées. Il semble que j’ai hérité à la fois de cette créativité qui fait partie du quotidien, comme d’un intérêt pour l’être humain dont
l’existence même interroge le sens de la vie.
Cela m’amène à suivre des études de psychomotricité. Ce qui m’attire dans cette formation, est que la personne est considérée dans son entièreté psychoaffective et corporelle. L’être est une « globalité ». Je pressens déjà que l’être n’est pas à envisager ou à aborder de manière morcelée, d’un côté le corps et de l’autre le psychique avec ses affects et ses émotions.
J’exerce quelques années puis je me consacre à ma famille. J’aborde ainsi un travail de thérapie en hapto-analyse puis je pratique l’haptonomie pendant ma grossesse et avec mes nourrissons. L’accouchement à la maison (pour ses 3ème et 4ème enfants) est une expérience forte où je contacte ma puissance de femme. Je prends conscience que mon corps porteur de vie se transforme et me transforme. C’est à moi que revient entièrement le choix de la façon dont je vais mener cet accouchement, parce que c’est moi qui vis et sens dans ma chair l’évènement de la naissance avec le nourrisson. Être présente à ce que je sens dans cette expérience, m’amène à contacter ma confiance.
J’élève mes 4 enfants avec le souci d’une éducation consciente et responsable. La question de la communication s’impose: Comment affiner puis affirmer ma pensée pour la transmettre au mieux, comment se faire entendre et comment entendre. C’est à ce moment que je pratique la « co-écoute » et prends conscience de mes conditionnements relationnels et culturels.
Parallèlement je commence à développer mon expression artistique, qui me permet de m’extérioriser et de me retrouver, moment proche d’un état méditatif. Cela devient petit à petit un moment de ressourcement nécessaire. Un chemin vers moi, ou ma création me revient comme miroir, faiseur de réflexions. Je touche des moments de grâce qui m’amènent à une dimension bien plus vaste, une sorte de communion avec une évidence génératrice de joie.
« Marie crée avec bonheur, avec son bonheur, pour le nôtre. Avec son vécu, avec sa souffrance qui l’a sculptée, allégée. Avec son enfance durement défendue et retrouvée intacte sous la déchirure. C’est sa propre peau qu’elle répare, qu’elle étend, avec les spatules que sont devenus ses doigts, sur ces icônes de carton. A s’y méprendre… Ses femmes sont rondes sous les doigts. Il y a un souci de réhabilitation du toucher, un souci de guérir toutes les mains qui en ont perdu le sens ou l’audace. » JF Comte
Les enfants scolarisés je déploie beaucoup plus de temps à la création, dans une perspective d’en vivre. Tout en exposant mes œuvres, je mets en place des ateliers d’arts-plastiques et des ateliers d’expressions créatrices qui comportent une notion de développement personnel. (formation à « l’Art Cru » à Bordeaux). La création libre que j’y propose est un cheminement vers soi, où l’on cherche à se défaire du jugement esthétique, des attentes, pour simplement exprimer son intériorité par le geste et la matière.
C’est à cette période que je commence une gestalt-thérapie. Petit à petit je me re-trouve et re-construis et une lumineuse évidence m’apparait, celle de me former pour être Gestalt thérapeute. Formation que je mène, tout en élevant mes enfants et en restaurant une maison en matériaux écologiques dans une petite ville du Gers. Ma créativité trouve là un bel espace d’expression !
La gestalt fut une rencontre fondamentale dans ma vie, une porte bien concrète vers moi-même et ma quête de liberté. J’ai rarement senti autant d’ouverture dans un travail thérapeutique. Je comprends l’expression créatrice comme une sorte de dialogue avec l’autre, (quand je crée, je m’adresse aux autres) et à moi-même : le retour en miroir de ma création me renseigne sur moi, ou « me parle ». Ma création me fait. L’état de grâce est ce moment où je suis spontanément et pleinement créant.
Ce n’est pas différent de la Gestalt thérapie qui considère l’être humain dans un contact permanent à l’environnement et aux autres. Nous n’existons que dans et par l’environnement. L’autre et/ou l’environnement me renvoie à mon existence. L’environnement m’agit comme je l’agis. Je fais partie d’un ensemble dont je ne suis pas séparée. Ma manière d’être a donc une implication. Quand je « m’apparais », dans cette qualité de présence où je suis pleinement là, c’est un état de grâce : je suis en ajustement créateur.
Lorsque je prends connaissance des cercles celtiques, c’est une deuxième rencontre importante, celle de retrouvailles avec un aspect spirituel auquel elle je suis sensible depuis l’enfance mais que je ne savais comment aborder, ne voulant appartenir à aucune religion. Il s’agit pour moi d’affiner et d’approfondir ce lien avec le « grand tout » comme j’aime à nommer l’immensité du monde si riche et mystérieux. La Nature est, de cet ensemble, celle qui nous est proche, avec ses cycles qui nous affectent. Je sens que nous appartenons à cet ensemble, qui, s’il a une « action » sur nous, nous en avons une sur lui, à nous de développer la portée de ce lien.
J’anime des stages avec une amie écrivain, combinant écriture et arts-plastiques, sur le thème du masque (masqué - démasqué), et de la robe (enrober, se dérober).
Je suis maintenant installée comme Gestalthérapeute dans la petite ville d’Eauze, dans le Gers.